Cette année, j’ai la chance de faire partie du jury du Prix Audiolib. Dix livres à écouter, dix histoires à laisser entrer, dix voix à accueillir dans mes oreilles pendant mes trajets, mes séances de tricot, mes moments volés entre deux rendez-vous. Je suis une grande amoureuse des livres audio — cette façon d’habiter une histoire différemment, de la ressentir autant que de la lire. Et aujourd’hui, je vous parle de C’était notre maison de Marcus Kliever.
Celui-là, je l’attendais. Vraiment.
Sur le papier, tout était réuni pour que ce livre devienne mon chouchou de la sélection. Un thriller, une ambiance, une voix de femme qui porte le récit — exactement le genre de cocktail qui me fait frissonner de plaisir dès les premières minutes. Je suis une grande amatrice de thriller, j’adore cette sensation de tension qui monte, de sol qui se dérobe, de ne plus savoir à qui faire confiance. J’étais prête. J’attendais d’avoir peur.
La magie n’a pas opéré.
Et c’est ça le plus frustrant — pas d’être déçue, mais de presque y être. Tout était bien installé, comme des pièces soigneusement disposées sur un échiquier. L’atmosphère, les voix, la structure. On sentait l’intention, on voyait le travail. Mais quelque chose dans l’assemblage ne prenait pas. Trop complexe par moments, pas assez bien amené par d’autres. Le surnaturel arrivait parfois là où j’aurais eu besoin de quelque chose de plus subtilement distillé — cette angoisse qui s’installe sans qu’on sache exactement pourquoi, vous voyez ?
À la fin, je me suis retrouvée avec une vraie question : mais pourquoi ? Pourquoi ça n’a pas fonctionné ? Il ne manquait pas grand-chose, j’en suis convaincue. Mais ce grand-chose, je ne l’ai pas trouvé. Et je suis restée sur ma faim — ce qui, pour une amoureuse du genre, est peut-être la déception la plus douce-amère qui soit.

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